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Anglais intensif au primaire : l’UNEQ s’oppose

Montréal, le 20 mars 2012. – L’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ) met fortement en doute la pertinence de l’implantation de l’enseignement intensif de l’anglais, en sixième année du primaire, dans toutes les écoles francophones du Québec. L’UNEQ ne comprend pas pourquoi, alors que le français comme langue commune et comme langue d’intégration est menacé de toutes parts, le ministère de l’Éducation voudrait que son enseignement soit non seulement diminué dans la dernière année du primaire mais remplacé par l’anglais pendant six mois.

 

 

Devant l’anglicisation croissante de la grande région montréalaise, devant l’attrait exercé par l’anglais jusque dans les hautes sphères universitaires et devant les lacunes généralisées des étudiants québécois en français, comment ne pas s’inquiéter de l’impact appréhendé d’une telle mesure ?

 

L’UNEQ craint que le gouvernement québécois, sans avoir permis de débat social sur la question, ne renonce à la mobilisation pour une meilleure connaissance et une meilleure utilisation du français oral et écrit et croit, au contraire, que s’il y a des efforts supplémentaires à fournir dans l’enseignement d’une langue, c’est au français qu’ils devraient être consentis.

 

 

Aussi, l’UNEQ demande-t-elle au Premier ministre du Québec et à la ministre de l’Éducation de revenir sur sa décision d’implanter un programme d’anglais intensif obligatoire en sixième année dans les écoles primaires francophones du Québec.

 

 

L’Union des écrivaines et des écrivains québécois est un syndicat professionnel créé en 1977. L’UNEQ regroupe près de 1 400 écrivains : des poètes, des romanciers, des auteurs dramatiques, des essayistes, des auteurs pour jeunes publics, des auteurs d’ouvrages scientifiques et pratiques. L’UNEQ travaille à la promotion et à la diffusion de la littérature québécoise, au Québec, au Canada et à l’étranger, de même qu’à la défense des droits socio-économiques des écrivains.

 

Source :

Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ)

 

 

 

3 commentaires en réaction à Anglais intensif au primaire : l’UNEQ s’oppose

  1. Julie Martel 20 septembre 2012 au 5 h 26 min #

    je n’arrive pas à croire qu’en tant que société, nous en sommes là! protester contre une meilleure éducation! Protester contre une ouverture sur le monde! Les enfants apprennent mieux les langues en bas âge, c’est connu. Que la société dans laquelle ils vivent leur présente quotidiennement des exemples de bon usage du français et ils ne perdront pas leur belle langue maternelle (même en maîtrisant la langue de leurs voisins)! Mais ce n’est pas le cas. Jamais je n’aurais cru que les Québécois deviendraient si petits et peureux, si timorés (et la plupart des Québécois ne savent même plus ce que ce mot signifie)…

    • Virginie Hébert 20 septembre 2012 au 9 h 15 min #

      Madame Martel, je me demande bien ce qui vous laisse croire que nous protestons contre une meilleure éducation. Au contraire, nous nous insurgeons d’abord contre une mesure pour laquelle il n’existe à l’heure actuelle aucun programme précis. Nous réclamons que nos enfants puissent être initiés non seulement à l’anglais, mais également à d’autres langues. Et nous demandons qu’on s’abstienne d’escamoter l’enseignement de matières aussi cruciales pour leur avenir que le français, les maths, les sciences, l’histoire etc. L’anglais n’est pas une panacée. Et sa maîtrise ne mène pas forcément à l’ouverture sur le monde. Quant à la langue française, il faudra certainement plus de que de simples « exemples de bon usage » pour en assurer la sauvegarde. Non, il ne faut pas être alarmiste. Mais il ne faut pas se mettre la tête dans le sable non plus. Quand une langue s’impose à ce point qu’on est prêt à bilinguiser la 6ème année, c’est qu’on considère que son apprentissage n’est plus un atout mais bien une nécessité. Et de là à l’anglicisation de tout un peuple, Madame, il n’y a qu’un pas. En terminant je vous dirais que votre affirmation concernant le fait que les enfants apprennent plus rapidement une langue est fausse. Les chercheurs s’entendent pour dire que les enfants de très bas âge ont cette faculté. Mais après 5 ou 6 ans celle-ci se perdrait. Par la suite cette capacité deviendrait une question de talent. En fait, certains chercheurs croient même que cette capacité augmenterait avec l’âge étant donné que nous devenons de meilleurs « apprenants » en vieillissant. Je vous invite, en terminant, à relire quelques-un des articles de Claude Hagège, éminent linguiste et partisan du multilinguisme qui s’est prononcé CONTRE l’anglais intensif au Québec. Je crois bien qu’on peut l’accuser de tout sauf d’être contre l’éducation… http://www.ledevoir.com/politique/quebec/353897/claude-hagege-s-oppose-a-l-enseignement-intensif-de-l-anglais

      • Jean-Luc 22 septembre 2012 au 14 h 21 min #

        Madame Hébert, je suis tout à fait d’accord avec votre réponse. Merci pour votre engagement, votre assiduité et votre lucidité. Lorsque vous répondez sur ce site Web, le débat s’élève.

        D’un enseignant de 6e année qui est, aussi, POUR une meilleure éducation.