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Les effets pervers du « global English

Quand la France a instauré un quota de 40 % de chansons francophones à la radio dans les années 1990, cela avait fait bien rire à Washington et à Londres. Aujourd’hui, cette mesure n’a plus l’air saugrenue, estime le journaliste américain Christopher Caldwell.

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5 commentaires en réaction à Les effets pervers du « global English

  1. Christine Arseneault 21 mars 2012 au 20 h 52 min #

    Je suis POUR le nouveau programme. L’immersion a fait ses preuves depuis belle lurette pour l’apprentissage des langues, et le système d’éducation publique doit former les citoyens de demain. Comment alors accepter qu’après 11 ans d’école, les Québécois en sortent sans parler la langue seconde utilisée mondialement (et dans leur propre pays)? En tant que payeurs de taxes, nous devons exiger que les élèves soient bilingues et qualifiés au sortir de l’école. Nos jeunes francophones ont aussi le droit d’être fiers et compétitifs!

    Que le nouveau programme ne soit pas parfait, soit. Entre autres à cause des contraintes sur la loi concernant la langue d’apprentissage (mais personne n’osera toucher à ce volet par peur d’attirer les ires des ardents loyalistes de Bill-101). Et alors qu’on devrait le bonifier de nos bonnes idées de professionnels de l’éducation, certains leaders préfèrent crier au meurtre, alors qu’ils devraient prêter oreille aux membres plus posés et moins gueulards, qui eux croient pouvoir faire de ce programme une réussite pour les élèves. Mais non : restons fermés sur le monde, gardons nos deux classes sociales (car en passant, les élèves ayant droit à l’éducation en anglais sortent bilingues du primaire, eux) et continuons de financer un système qui laisse nos enfants unilingues, comme ça ils perpétueront l’idée que les nouvelles se trouvent à LCN, que les vedettes de SA et OD en sont vraiment, que l’anglais est un mal nécessaire et que le démon vit qqe part dans l’ouest du pays, caché derrière une station de pompage de pétrole… garder les gens dans l’ignorance crasse en propageant des mensonges pour influencer l’opinion publique, ça plait aux syndicalistes. Après tout, ces leaders ont sûrement commencé leur carrière en organisant des manifs au cegep malgré un vote à 60% contre, ou en bloquant des ponts… nous n’allons pas vous laisser bloquer l’avenir des jeunes!

    • Caroline Hébert 31 mars 2012 au 18 h 31 min #

      Madame Christine Arseneault,

      D’abord, les jeunes québécois sont déjà très bien formés en anglais. Je pourrais vous citer en exemple l’un de mes enfants qui, après avoir suivi les cours d’anglais de base en anglais au primaire, se débrouille pas mal bien dans cette langue fort pratique, je le conçois, mais cet argument particulier n’est pas valide, car il ne porte que sur mon observation personnelle.

      Soyons plus sérieux: En effet, selon une étude de Statistique Canada de 2006, 85% des Québécois de 21 ans ont évalué leur aptitude en anglais comme étant de passable à excellente. De plus, 60% des Québécois francophones de 20 à 24 ans est bilingue, comparativement à 30% des Allemands, ce taux augmente d’environ 5% à chaque recensement, finalement, seulement 2% de jeunes francophones sont bilingues français-espagnol. L’ouverture sur le monde passe peut-être par l’apprentissage d’autres langues aussi!

      Ensuite, avez-vous tant de mépris pour le travail de nos professeurs? Pourtant les études prouvent que leur ‘enseignement donne à plusieurs égards des résultats dont nous pouvons être fiers! Par exemple, une étude de la PISA de l’OCDE démontre (au graphique 2.1) que les enfants du Québec sont les plus performants du Canada et parmi les plus forts de la communauté internationale en mathématiques, et ce sont les Québécois francophones qui remportent la palme (tableau 2.1) Quelle belle réussite! Source: http://www.cmec.ca/Publications/Lists/Publications/Attachments/254/PISA2009-can-rapport.pdf

      Et que dire des 400 heures AMPUTÉES à la formation de base (que vous méprisez peut-être tout autant)… croyez-vous qu’il y avant tant d’heures en trop dans le curriculum primaire? Peut-être pour certains enfants, oui, en effet. Mais d’autres (les élèves moyens et les élèves en difficulté), ces heures étaient cruciales.

      Je pense d’ailleurs que les conditions gagnantes de ce programme peuvent être réunies dans certaines familles, mais dans la grande majorité des cas, cette mesure placera les familles devant des choix déchirants. Vous n’avez qu’à lire les commentaires de professeurs dans l’étude de la commission scolaire du Lac St-Jean ou la très GRANDE majorité des commentaires sont négatif, malgré ce qu’on bien voulu projeter les médias. En effet: À la question (biaisée soit dit en passant)  » Quels sont les avantages pour les enseignants titulaires du primaire d’enseigner dans un programme d’anglais intensif » 83% des réponses étaient défavorables. Dans la même étude, on peut lire que 9 enseignants sur 11 affirment manquer de temps pour aborder suffisamment en profondeur les notions de mathématiques.

      De plus, une forte majorité de répondants ont mentionné ne pas aborder suffisamment en profondeur les contenus de formation étant donné l’aménagement de temps relié au programme d’anglais intensif. De plus, la majorité des commentaires à la suite de la question ont été défavorables concernant l’impact de l’anglais intensif sur l’enseignement des contenus de formation. Ainsi, les enseignants, de manière générale, ont dit manqué de temps (commentaire mentionné par six répondants sur onze à cette question).

      Et finalement, une forte majorité des répondants ont affirmé qu’ils n’arrivaient pas à atteindre la visée de développement de compétences de façon satisfaisante dans le contexte du programme d’anglais intensif.

      Il n’est pas question ici du conflit « Anglais Français »‘ qui semble vous toucher particulièrement. Et d’ailleurs, je me demande quel lien vous faites entre la question de l’anglais intensif et le blocage de ponts… un discours difficile à suivre pour moi. Si je me permettais de tout amalgamer comme vous le faites, je pourrais penser que vous avez voté Harper aux dernières élection. Mais je ne me rabaisserai pas à tenir un discours aussi irrationnel!

      Contrairement à ce que vous pensez, l’avenir d’un jeune dépend davantage du lien affectif qu’il a avec ses parents et de la solidité de son identité ou de sa capacité à réfléchir de manière logique par exemple, que de sa performance en anglais (une langue qui s’acquiert relativement facilement quand le besoin d’en fait sentir).

      À ce sujet, je n’ai jamais fait de cours spéciaux d’anglais, ni de camps, ni d’immersion. Que les cours réguliers (et de l’anglais à partir de la 4ème, imaginez!!!) Et, en arrivant à l’université, j’ai ouvert mes livres (qui étaient plus plusieurs en anglais) et, croyez-le ou non, tout s’est très bien passé. J’ai même rédigé un article scientifique en anglais, avec ma supposément pitoyable formation de base.

      Bon, je dois vous quitter!
      À la prochaine!

  2. Jean-Luc 22 mars 2012 au 23 h 00 min #

    Bonjour,

    Votre commentaire fondé sur plusieurs jugements de valeurs et beaucoup de généralités m’a blessé. J’enseigne à des élèves de 6e année. Je ne crois pas que nos élèves soient si ignorants que ce que sous-entend votre message. Je sens que votre message rabaisse les jeunes d’aujourd’hui et surtout l’éducation d’aujourd’hui. De plus, je suis un passionné par mon métier et je fais tout en mon pouvoir pour qualifier, instruire et socialiser la génération de demain. J’y travaille avec beaucoup d’ardeur et de passion et je ne crois pas être un pessimiste (ou un leader qui crie au meurtre.) Je veux simplement le meilleur pour nos élèves Québécois. Saviez-vous qu’un programme d’anglais intensif signifie que les élèves feront de l’anglais seulement pendant une moitié d’année. Toutes les autres matières devront être faites dans l’autre moitié d’année. Leur enlever des heures dans les autres matières leur permettra-t-il d’être plus « fiers et compétitifs »?

    À comprendre votre message, en privant les élèves de 400 heures d’enseignement des autres matières et en leur faisant apprendre plus rapidement l’anglais, ils deviendront plus critiques face à LCN, à Star Académie et à Occupation Double… Je crois que vous mettez un peu tout dans le même panier et j’ai beaucoup de difficulté à comprendre votre raisonnement qui passe de l’enseignement de l’anglais intensif aux quelques étudiants qui ont décidé de bloquer un pont…

    Je tiens aussi à vous préciser que les élèves d’aujourd’hui sont de plus en plus efficaces en anglais. Ce programme pourrait leur faire apprendre plus rapidement l’anglais (seulement). De plus, il a été démontré qu’un élève qui a suivi ce programme en 6e année sera au même niveau qu’un élève ayant suivi un cheminement normal si ce n’est pas pratiqué par la suite.

    Finalement, si je suis en défaveur d’un tel programme, ce n’est certainement pas pour garder nos élèves dans l’ « ignorance crasse », bien au contraire! Je veux leur donner ce qu’ils ont besoin pour apprendre…du temps! (Je crois que c’est ce commentaire sur le fait de garder les élèves dans l’ignorance qui m’a le plus blessé.)

    • Caroline Hébert 31 mars 2012 au 18 h 31 min #

      Monsieur Jean-Luc, sachez que de plus en plus de parents se questionnent sur la pertinence d’un tel programme. Sur ce site, nous ne sommes pas des enseignants, mais des citoyens et parents. Ne soyez pas blessé par un tel message (celui de Mme Arseneault) qui manque totalement de fondements scientifique (je veux dire de preuves). De nombreux parents apprécient grandement le travail des professeurs. Le travail que vous faites avec nos enfants est, à mon avis, l’un des plus importants et des plus subtil!

      • Jean-Luc 5 avril 2012 au 21 h 31 min #

        Merci Mme Hébert,

        J’apprécie votre mot d’encouragement. Je constate, étant dans le milieu, que les enseignants acceptent plutôt mal la proposition du gouvernement. J’ai même des collègues qui enseignent déjà dans un programme d’anglais intensif qui sont contres le projet puisqu’ils considèrent que ce programme n’est pas applicable pour TOUS les élèves du Québec. Trop souvent, on oublie les principaux concernés dans les débats sur l’éducation, et lorsque je parle des « principaux concernés », je pense aux enseignants, aux directions, aux professionnels du milieu et aux parents, mais surtout…aux élèves! Cette décision politique me semble davantage une stratégie du gouvernement pour détourner le regard sur les réels problèmes en éducation, et ce, à des fins de lobbying politique. Il faut simplement leur montrer que ce n’est pas de cette façon qu’ils gagneront des votes…et j’ose espérer qu’ils changeront d’idée.