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Non à l’anglais intensif – L’identité sociale

Plusieurs recherches menées dans les domaines de la sociolinguistique et de la psychologie sociale font état de l’effet de l’apprentissage d’une langue seconde dont le statut social serait perçu comme plus important ou désirable que la langue maternelle sur la construction de l’identité sociale. La valorisation de l’anglais comme moteur d’ascension sociale qui définit le discours actuel du gouvernement Charest s’inscrirait dans une logique du pouvoir symbolique de l’anglais sur la distribution des ressources matérielles. La promotion de l’anglais comme outil de pouvoir économique (socialement et historiquement construit) aurait ainsi un effet négatif sur la valeur et la signification émotive attachées à la culture d’appartenance et à sa langue, ainsi que sur l’engagement des membres de la société envers celle-ci. Par conséquent, le sens attribué par le gouvernement à la maitrise de la langue anglaise serait contraire aux finalités éducatives et nuirait à leur atteinte.
Stéphanie Demers et Francine Sinclair, professeures, Département des sciences de l’éducation, Université du Québec en Outaouais

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5 commentaires en réaction à Non à l’anglais intensif – L’identité sociale

  1. Manon Bélisle 6 mars 2012 au 0 h 08 min #

    Je suis enseignante depuis 21 ans. J’ai enseigné la 5ième et la sixième année jusqu’à ce que les classes d’immersion anglaise s’imposent un peu partout.
    Ces postes ont été occupés par de jeunes enseignants sans expérience. Ils devaient en plus d’enseigner à vitesse rapide… condenser leur enseignement pour la partie académique en français. Un enseignant sans expérience ne sait pas ce qu’il peut couper dans le programme.
    Nous avons vu un peu du n’importe quoi. Quand arrivait la partie anglaise… moins de cadre pour ces jeunes. Pendant 5 mois et deux mois d’été , sans structure, devoir, étude… c’est amusant mais à ce jour aucun résultat conclue que c’est de cette manière que nos enfants apprennent et maîtrisent la langue seconde. Demandez autour de vous, où avez-vous appris à parler anglais ? Partout sauf à l’école. Une seconde langue on l’apprend quand on en a besoin.
    Les enfants qui ont des besoins spécifiques d’apprentissages… ne reçoivent plus rien pendant l’année qui au contraire devrait se concentrer à développer leur autonomie vers le passage au secondaire.
    À ma petite surprise, lorsque j’ai rencontré l,enseignant d’anglais de mon fils au secondaire, il ne savait même pas que ses élèves avaient tous eu 6 mois d,anglais intensif l’année d’avant. Je lui ai appris. Il me dit alors,: »Madame,ils ne savent même pas formuler leurs questions de base. Je dois encore traduire lorsque je parle en classe occasionnellement. »

    Bien voilà!

    Être contre l’anglais intensif ne signifie pas que nous nous fermons sur nous même. Au contraire, je demande à ce que les écoles respectent les besoins des enfants quels qu’ils soient dans leurs différences. Que l,apprentissage d’une langue seconde ne vienne pas épurer les classes régulières, qu,elle ne vienne pas imposer une routine pleine vapeur à des jeunes qui n’ont simplement pas la capacité d’apprendre en mode intensif.

    Autres réalités qui brûle la présumé beauté du programme, les classes à double niveaux qui imposent aussi un enseignement plus intensif et crée un classe plus difficile au niveau du comportement dans la classe dite régulière. Les enseignant des bains linguistiques changent de niveau dès qu’ils en ont la chance alors la stabilité n’y est pas et les directions courent des enseignants de remplacement qui finalement font leur gros possible…

    Les enfants n’écrivent plus, on manque de temps me disent mes collègues….

    Ajouter de l’anglais en 1ère année et au Cégep en plus on retirerait une année d’étude au primaire au grand bénéfice de l’anglais ? Désolée mais depuis 15 ans ces programmes n’ont rien prouvés.

    Il faut que ça cesse et tout de suite.

  2. loane laframboise 6 mars 2012 au 0 h 11 min #

    Déja nous sommes en pénurie de prof.d’anglais. Où prendront -ils ces enseignants qui voudront faire 2 fois par an le même programme? Il y a pénurie Mme la Ministre!!!!

    • Manon Bélisle 6 mars 2012 au 12 h 37 min #

      Ils annoncent clairement que nos postes seront donnés aux profs ontariens.

      Je pense que les cartes de Monsieur Charest sont bien claires sur la table.

      Angliciser au maximum le petit peuple québécois… retourner au fédéral… où il est attendu car on sait qu’il ne sera pas de la campagne électoral du PLQ.

      Il ne voudra jamais être chef de l »opposition et l’échec n’a plus de place dans sa vie.

      Bref retour au Fédéral en ayant soumis les Canadiens francophones (ouf! Difficile à prononcer) au bilinguisme obligatoire mais que pour les québécois… Voilà comment il croit régler la question de notre identité nationale.

  3. kone masseba 20 juin 2012 au 13 h 52 min #

    je crois qu’il est important ,ou je dirai qu’il est incommensurable de savoir parler ,lire et écrire en anglais car l’anglais est incontournable au monde .

    • Jean-Luc 25 juin 2012 au 21 h 24 min #

      @ Kone Masseba Là n’est pas la question. Les élèves ont déjà des cours d’anglais. Ils l’apprennent déjà plutôt bien. De plus, ils l’entendent déjà chaque jour à la radio, dans les magasins, dans leur quartier, à la télévision, à la maison… Le problème est dans la formule! Couper des heures dans les autres matières pour une seule matière. Il est aussi primordial d’être actif et en santé dans la vie, pourtant, je n’ai pas entendu de proposition d’éducation physique intensive!